Ève Lomé

Journal extime

Weirdo ou raging bull ?

Weirdo ou raging bull ?

Echelle cérémonielle ou architecturale dayak provenant de Kalimantan (Bornéo, Indonésie).

Le terme Dayak désigne un ensemble de nombreux groupes autochtones vivant à l’intérieur de l’île de Bornéo.

L’aso’ est une créature mythologique très importante dans l’art dayak. Bien que son nom puisse être traduit par « chien », il s’agit en réalité d’un être hybride associant plusieurs animaux : chien, serpent, dragon, parfois crocodile ou sanglier selon les traditions locales. L’aso’ est généralement considéré comme :
un protecteur contre les esprits malveillants ;
un gardien des maisons, des sanctuaires ou des objets rituels ;
un symbole lié à la fécondité, à la prospérité et au monde spirituel ;
un motif souvent associé aux familles de rang élevé ou à la noblesse de certains groupes dayak.

Dans les maisons traditionnelles dayak, les éléments architecturaux importants — poteaux, pignons, échelles d’accès, panneaux de façade — pouvaient être décorés de figures protectrices. L’aso’ apparaît sur une grande variété d’objets dayak : éléments de maisons, gardiens de sanctuaires, coffres funéraires, porte-bébés cérémoniels, bols rituels ou sculptures autonomes.

Une échelle n’était pas seulement un objet utilitaire : elle marquait souvent le passage entre l’extérieur et l’espace protégé de la maison. La présence de visages menaçants et d’un aso’ renforçait cette fonction de protection symbolique.

Dans plusieurs régions de Bornéo, des fragments de porcelaine chinoise importée étaient intégrés aux sculptures pour former les yeux ou certains détails décoratifs. Ces porcelaines étaient des biens prestigieux obtenus par le commerce et augmentaient la valeur symbolique de l’objet.

Publié le 30 mai 2026

/ / /