PSG, polysomnographie
En pleine « momsomnia », l’insomnie propre aux mères et à leur charge mentale
Homer Simpson a beau avoir trois enfants, il dort comme un bébé. Certes, le père de famille de la série animée culte n’est pas un modèle de parentalité, mais en matière de gros dodo, c’est un champion. A le regarder ronfler de tout son soûl sur le canapé tandis que Bart prépare une bêtise, que Lisa joue du saxophone et que la petite Maggie et son inamovible tétine rouge titube au milieu du salon, on comprend que les marmots Simpson n’ont pas du tout entamé le capital sommeil du patriarche. Le mangeur de donuts le plus célèbre du monde est capable de s’endormir partout – il souffre de narcolepsie et pique du nez au volant et au travail –, mais surtout il parvient à s’assoupir sans être rongé par l’inquiétude qu’il arrive quelque chose à ses enfants. Les Américains décrivent cet état de béatitude comme une dad nap, la « sieste du papa » en français. S’extraire du chaos du foyer pour piquer un roupillon réparateur, un rêve de doux dingue ?
Pour la plupart de ceux qui ont des enfants à charge, dormir est une activité au mieux compliquée, au pire oubliée. Les besoins des bébés et des tout-petits ont un impact direct sur le sommeil de leurs parents. Jusqu’ici, rien de très surprenant… Mais, pour certains, la fatigue s’installe et les nuits hachées ne disparaissent pas avec le temps.
La cause : une forme d’hyperstimulation du cerveau.Notre cerveau continue à traiter de l’info même pendant le sommeil. Il n’y a pas de bouton on/off.
« Les bébés ont “fait leurs nuits” et j’ai défait les miennes. A mesure que mes enfants apprenaient à dormir, j’ai désappris. J’avais, faut-il croire, échangé mon sommeil contre mes bébés. Pourtant j’aurais dû dormir puisqu’ils dormaient ? Mais comment dormirais-je, puisqu’ils sont mortels ? »
Pas dormir (P.O.L, 2021), Marie Darrieussecq
Publié le 24 juillet 2024
